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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 07:04

 

Malick et son chef opérateur Lubezki depuis Tree of live essaient d'inventer une nouvelle façon de faire du cinéma.Le film est un montage de scènes filmées au steadycam avec une voix off qui donne une continuité au film. Il s'agit d'un ballet filmé avec une impression de flux inextinguible.

Le spectateur est le témoin d'une multitude de petits gestes des acteurs, de petites scènes souvent agaçantes nappées de musique omniprésente.

Comme le scénario est vide, ce sont les personnages que les acteurs-très beaux- ont interprétés auparavant dans d'autres films qui leur donnent leur épaisseur.

Michael Fassbender sort de Shame où il jouait un sex addict destructeur, Rooney Mara de Carol où elle s'interrogeait sur sa sexualité, Carole Blanchett semble issue du personnage de Blue Jasmine. 

Si l'histoire racontée, une histoire d'amour perturbée par un producteur de musique pervers est parfaitement banale, la mise en scène nous plonge dans un beau voyage cinématographique en compagnie de stars dans des décors de rêve, dans un bain musical permanent et pertinent.

Si le cinéma permet de faire vivre un rêve éveillé-un voyage halluciné- aux spectateurs, Song to song remplit cet objectif.  

Song to song
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 07:14

Le jour d'après est un film minimal  en noir et blanc sur l'adultère avec 4 personnages, un homme et trois femmes, très peu de décors et essentiellement des plans longs, frontaux et peu découpés.

Un film assez bavard dont le découpage brouille-un peu- la chronologie.

Un film où l'on boit et philosophe de façon longuette.

Reste la beauté de Kim Min-Hee vraie apparition cinématographique.

Le jour d'après
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 06:58

Agnès Varda qui avait filmé des peintures sur des immeubles californiens dans les années 80 dans Murs Murs et JR qui colle des photos géantes sur des structures publiques devaient se rencontrer. 

Ils cheminent ensemble et photographient et filment des gens dans des villages ou des usines et leur donnent dignité et singularité.

C'est le côté JR du film sympathique mais un peu édifiant.Le côté Varda lui est nettement plus amer avec son épilogue godardien mais sans doute par pudeur un peu trop allusif.

Reste une belle rencontre et un beau film très original. 

Visages, villages
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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 06:28

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François Ozon poursuit son cinéma sur les échanges d'identité.Identité sexuelle dans  Une nouvelle amie, nationale dans Frantz, fraternelle dans L'amant double. Il le fait avec beaucoup de virtuosité dans la mise en scène et la direction d'acteurs mais dans son dernier opus, il n'échappe pas à une scénario raide et théorique plutôt éprouvant et vain.

Les scènes s'enchaînent vaguement choquantes mais le film assez atone manque de rythme. La construction du film sans véritable climax affaiblit ce thriller qui manque de tension. Frantz était nettement plus habité.  

L'amant double
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 07:17

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la réussite de Trois souvenirs de ma jeunesse, construit sur trois épisodes distincts, Desplechin revient avec un film qui mélange plusieurs histoires simultanées. Le résultat: des esquisses, des croquis brillants mais un ensemble confus qui multiplie les fausses pistes.

La qualité de la mise en scène et de l'interprétation reste superlative mais la volonté de casser la narration déroute le spectateur.

Il est possible que la version longue du film soit plus cohérente.

Les fantômes d'Ismael
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 07:43

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la tempête permet à Kore-Eda de continuer son exploration sensible de la famille japonaise. Il montre avec sensibilité l'affrontement feutré entre les générations.

Son thème principal est l'impossibilité pour l'individu à tenir son rôle exigé par la famille et la société.

Le personnage central est un écrivain sans succès, joueur comme son père-il fréquente les champs de course-.Il ne parvient pas à remplir son rôle de fils auprès de sa mère et de père auprès de son propre fils.  

Le portrait de la grand-mère attentif et tendre est la réussite de ce film au scénario un peu languide.

Après la tempête
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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:44

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a un nouveau cinéma argentin, un cinéma réaliste, drole et cruel qui décrit un monde où l'individu est en butte avec des tracas quotidiens qui deviennent vite kafkaiens. Le principe de ce cinéma très bien écrit consiste de placer un personnage ordinaire dans un monde hostile qui devient deplus en plus monstrueux jusqu'à l'absurde.

Le citoyen d'honneur, prix nobel qui revient dans son village natal en est une réjouissante illustration. Il devient le témoin et la victime de querelles et jalousies locales sans pouvoir y échapper.Avec humour, ce cinéma rappelle la comédie italienne de la grande époque avec plus de rigueur réaliste.

Citoyen d'honneur
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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 07:04

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis au moins The Immigrant, James Gray avec Darius Khondji ont inventé une nouvelle façon de photographier le ciel. Un ciel dense, plombé, laiteux et gras jamais vu ailleurs. Un ciel qui pèse comme un couvercle, maléfique. Un ciel qui écrase les pauvres humains qui s'agitent pour la Gloire, la Science ou leurs intérêts grossiers.

De là, la surprise de voir un film d'aventure qui ressemble plus à un cours d'anthropologie sans virtuosité excessive plutôt qu'à un film de Spielberg ou Coppola ou Innaritu.

Le film montre un explorateur qui s'est mis en tête de découvrir une civilisation disparue. Il doit affronter le scepticisme de ses pairs, abandonner sa femme et ses enfants, s'affronter à un commanditaire encombrant.

Il apparaît comme un adepte du relativisme qui respecte les civilisations primitives et qui ne se leurre pas sur la sauvagerie du monde civilisé. La chasse à courre, la guerre de 14 ne plaident pas pour l'occident.

Le film est aussi l'histoire d'une transmission entre l'explorateur et son fils qui se réuniront dans un destin funeste commun.  

James Gray livre un film d'aventures étrangement intimiste, où son héros intrépide se soumet à son destin.

James Gray a toujours fait un cinéma, intéressant mais qui manque un peu de nerf, ce n'est curieusement pas rédhibitoire dans The lost city of Z. Cependant, on est loin du lyrisme, du souffle épique de Silence de Scorsese qui montrait également l'affrontement de personnages occidentaux avec une autre civilisation.

The Lost city of Z
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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 07:06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur et Madame Edelman est une réussite rare. Enfin une comédie sentimentale intelligente, vive, amère très bien réalisée. C'es l'histoire d'un couple sur quarante ans qui évolue au fil du temps avec des hauts et des bas sans mièvrerie. La réussite des maquillages - rare au cinéma- est étonnante. Doria Tillier a un tempérament éclatant.

Le film fait rire parfois jaune. Il n'est pas indigne de ses modèles: la comédie italienne, la littérature de Philip Roth.

Monsieur et Madame Adelman
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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 07:18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Silence est un film très ambitieux, un film d'aventures et un film d'interrogation spirituelle comme on n'en voit plus.En montrant le martyre de prêtres qui cherchent à convertir des japonais au catholicisme au XVII ème siècle, Scorsese pose des questions qui restent sans réponse véritable.

Il décrit avec les moyens du cinéma des personnages pris au piège d'une réalité qu'ils cherchent à dépasser spirituellement. Il retrouve des éléments du cinéma de Kurosawa: brutalité des puissants, présence d'un personnage totalement perdu (le judas du film), Interrogation métaphysique et il empreinte également aux figures du cinéma de Mizoguchi: les barques sur l'eau, les personnages enchaînés sur des chevaux, la crucifixion (les amants crucifiés).

Comme le disait Deleuze à propose de Kurosawa plus important que les péripéties du scénario, c'est une question spirituelle que met en scène le cinéaste et peu importe la réponse.

Ici, Scorsese montre le mystère de la foi et les figures de la fidélité à cette foi lorsqu'elle peut conduire à la mort, la sienne propre et celle des autres.

Il le fait de façon répétitive parce que le film est comme une spirale qui progresse vers une réponse énigmatique. Les prêtres veulent sauver des âmes avec toute leur sincérité et les japonais ne veulent pas voir supplanter leurs dieux ancestraux.

Cet affrontement semble mener le personnage principal de l'héroïsme intransigeant vers une sagesse plus humaine. Il y a un suspense permanent sur ce qu'il va faire, se renier ou rester intransigeant dans sa foi. Le film oppose sainteté et humanité. Le personnage le plus bouleversant est celui du traître qui abjure en permanence sa foi mais persiste à demander pardon.

La dernière image est une conclusion ambiguë qui montre la résistance et l'énigme des forces de l'esprit. Au contraire d'une philosophie utilitariste qui a gagné dans l'ensemble du monde unifié par le Marché: la quête du bonheur individuel universel, le film montre que des valeurs transcendantes peuvent énigmatiquement concerner certaines personnes.

Après Eastwood qui rappelait ce qu'est une héros eastwoodien dans Sully, Scorsese décrit un héros scorsesien - christique- dans Silence. Les anciens du Nouvel Hollywood font de la résistance.

Silence
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