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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 11:35
Trois souvenirs de ma jeunesse

Après un détour par les plaines américaines qui n'était pas très convaincant, Desplechin revient à son autobiographie fictive.Le film est un puzzle qui montre 4 épisodes de la vie de Paul Dedalus, l'alter ego de l'auteur, interprêté à l'age mûr par Mathieu Amalric dans Comment je me suis disputé.

Le premier épisode montre le conflit violent de Paul enfant avec sa mère et sa famille qui le marquera pour le reste de sa vie. Le second épisode décrit un curieux voyage en URSS où il offre son passeport et donc son identité à un jeune refuznik juif. Le troisième épisode-le plus important- raconte son histoire d'amour avec une jeune fille de 16 ans, Esther. Ils ont du mal à vivre leur passion parce que Paul vit à Paris et qu'Esther est restée à Roubaix. Le quatrième épisode est une conclusion tardive et énigmatique.

Proche de Truffaut par sa sensibilité, et de nombreux empreints à son cinéma :la musique de Delerue,les correspondances échangées, le télégramme intempestif, les fermetures de l'iris de la caméra, la dernière image figée, les dialogues très écrits, et enfin l'épilogue du film qui rappelle celui des Deux anglaises.

Les jeunes interprêtes,Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet sont a la hauteur de leurs personnages, il réussisent à incarner ce film très écrit qui aurait pu facilement manquer de vie. La distance temporelle, la fin des années 80 permet d'échapper à la banalité du temps présent.

Le montage du film fait de ruptures de ton et d'ellipses permet de rendre au présent ce qui se passe sur l'écran, magnifiant un cinéma à fleur de peau.Desplechin porte un regard rétrospecif sur sa vie amoureuse à plus de 30 ans de distance en laissant au passé sa part indéchiffrable.

Ce cinéma dénoncé comme nombriliste est en fait un cinéma d'analyse des sentiments,un cinéma profond même s'il semble superficiel qui met en jeu les tensions entre l'identité, l'amour, et la liberté.

Ce film de passion et de virtuosité montre que le cinéma d'émotion,un peu cérébral il est vrai, peut encore exister.

Trois souvenirs de ma jeunesse

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