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4 septembre 2006 1 04 /09 /septembre /2006 10:36

Après le vent se lève,le festival de Cannes a primé un autre film dur et violent qui met en scène la guerre.

Bruno Dumont poursuit son oeuvre singulière,personnelle et dérangeante.Il filme des personnages frustes du Nord de la France qui mènent une vie animale sans horizon.Le principe de son cinéma repose sur un parti pris de soustraction:peu d'action,peu de personnages et peu de paroles.

On se retrouve dans des condition quasi expérimentales-in vitro-mais la précision de son cinéma,sa façon de filmer les acteurs,leurs visages et le décor dans lequel ils évoluent met à  nue une matière vivante,un microcosme où les pulsions sexuelles et les pulsions de mort s'expriment avec une brutalité incarnée qui sauve les films de ses propres postulats théoriques.Le son participe à la mise en scène en témoigne les flocs flocs que font les pas dans la terre inondée des Flandres et les crissements des pas sur le sable du Désert.

Il y a chez les acteurs de Dumont,leur aphasie,une parenté avec ceux du cinéma de Bresson.Mais Bresson était un cinéaste chrétien qui cherchait à montrer l'ame de ses personnages.Il montrait leur élection,leur chemin vers la grace à travers un choix;comme Deleuze l'a magistralement montré dans son livre l'image mouvement. 

Chez Bruno Dumont,il n'y a pas de grace,ni d'élection parce qu'il n'y a pas de choix.Ses personnages sont dans la confusion des instincts.

Flandres raconte un cheminement qui passe par la guerre et la confrontation à la pulsion de meurtre plus que de mort pour que le personnage principal sorte un peu de sa confusion et trouve une parole.

Chez Dumont,les personnages sont solitaires et ont besoin des autres.ce besoin s'exprime avec une maladresse terrible.Leur manque de parole exprime cette maladresse.

L'énigme de ce cinéma c'est de savoir si ces personnages sont violents parce qu'ils n'ont pas accès au discours ou si les paroles leur sont retirées pour mieux montrer leur violence qui est aussi la notre.

Dumont fait le portrait d'une humanité bestiale sans mépris parce qu'il ne s"exclue pas de celle-ci.

Un cinéma salutaire et audacieux,nécessaire dans un cinéma français rarement aussi aventureux.



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