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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 07:54

SND

Avec Harvey Milk,Gus Van Sant change de manière.Spécialiste du film planant et envoutant,il réalise ici un film politique,un biopic original et tonique.Elephant primé à Cannes avait suscité un  malaise,l'esthétisation du massacre était choquante.Quant à Last Days,les déambulations marmonnantes de Curt Kobain étaient vite lassantes.Paranoïd Park,plus modeste était plus réussi.

Avec Harvey Milk,le cinéma de Gus Van Sant d'esthète devient politique.Il raconte par le menu,l'ascension d'un jeune homme gay de San Francisco qui réussit à donner une voix,un visage et une force politique aux homosexuels victimes de discrimination dans les années 70.

Sean Penn. SND

Cette prise de pouvoir politique,cette liberté conquise face aux bigots et aux conservateurs américains ne peut donner qu'un sentiment de nostalgie.Qui aujourdh'ui avec quelques amis,quelques habitants du quartier pourrait faire avancer les droits civiques ? La modestie des moyens avec il est vrai une très bonne compréhension des lois de la communication est frappante.Harvey Milk est cependant un ancètre d'Obama lui aussi issu d'une minorité ostracisée.

Le film est différent des biographies habituelles parce qu'il pose plus de questions qu'il n'en résoud.Dans ce type de film,souvent,la psychologie est sommaire avec une explication unique et simple du comportement du personnage.Exemple dans Ray et Walk the line la clé du personnage se trouve la mort prématurée dans l'enfance du frère du héros.Ici,rien de tel.Pas de retour vers l'enfance,les suicides des compagnons d'Harvey Milk ne sont pas explicités.La psychologie du meurtrier d'Harvey Milk reste obscure. 

Sean Penn, Alison Pill et Emile Hirsch. SND

Ce film ne serait rien sans Sean Penn.Comme dans les derniers films d'Eastwood,Rourke et Brad Pitt-tous réussis-,c'est l'acteur qui prend le pouvoir sur le metteur en scène.Une politique des acteurs semble naitre qui conduit chaque fois à la mort du héros.Dans tous ces scénarios,il s'agit de corps-vieillisant pour Eastwood,rajeunissant pour Brad Pitt,détruit pour Rourke et ici se libérant pour Sean Penn-qui vont vers la mort.

Sean Penn réussit le personnage le plus libre et le plus réactif des quatre.Malgré sa fin sacrificielle-le cinéma américain est hanté par le scénario de la rédemption-le film montre qu'Harvey Milk a fait quelque chose de sa vie.Le film utopique (?) veut montrer que la politique surtout venue des marges de la société peut encore faire bouger le monde.



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