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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 07:36

Warner Bros. France

Avec Lettres d'Iwo Jima,Eastwood réalise son chef d'oeuvre testamentaire.Autant mémoires de nos pères apparaissait comme un film démonstratif ,sans émotion,autant Lettres d'Iwo Jima est une méditation sur la mort et l'héroisme qui sonne juste. 

Ken Watanabe. Warner Bros. France

C'est l'histoire de soldats japonais qui mènent une bataille perdue d'avance sur l'ilot de Iwo Jima.Eastwood en fin de carrière montre avec compassion les ennemis de l'Amérique.

Cela rappelle la carrière de John Ford qui a montré les indiens comme des ennemis à ses débuts et qui a terminé son oeuvre en tournant Les cheyennes qui raconte le martyr de la nation indienne.

Le vent de pacifisme qui souffle sur Holywood en ce moment explique peut être qu'Eastwood renvoie les deux camps-américains et japonais-dos à dos.Il oublie au nom de l'horreur de toute guerre de rappeler dans son film que le Japon était une nation belliqueuse,alliée d'Hitler,responsable de terribles crimes de guerre en Asie avant la seconde guerre mondiale.

Eastwood s'est toujours interrogé sur l'héroisme et sa représentation au cinéma.Elle a toujours été décalée chez lui,dès les films ironiques de Sergio Leone inspirés par les films japonais de Kurosawa.Dans les westerns spaghetti,la distanciation par l'humour faisait passer un surcroît de violence à l'écran.

Ken Watanabe et Hiroshi Watanabe. Warner Bros. France

Lettres d'Iwo Jima est un film mystérieux.Face à la mort,tous ses personnages deviennent des héros.Ceux qui se suicident comme cela leur a été inculqué,celui qui parle aux américains parce qu'il les a connu avant guerre ,le simple boulanger un peu lâche mais finalement le seul à survivre et le général qui a compris parce qu'il a vécu en Amérique que le Japon ne gagnerait pas la guerre.

Ce général a essayé de mettre au point la défense la plus efficace,la plus rationnelle possible avec la conscience de son absurdité puisque la bataille était perdue d'avance.Ce héros fantomatique quasi christique -curieux pour un japonais-est le véritable héros Eastwoodien,celui qui à la connaissance du Mal qui le prend sur lui et qui se bat avec la force de celui qui sait.Pour Eastwood,il n'est pas nécessaire de croire à la victoire pour se battre,c'est la grandeur de la condition humaine.

Ken Watanabe. Warner Bros. France

Les films d'Eastwood sont toujours plus crépusculaires.L'image ici est en couleurs sombres et terreuse presque en noir et blanc.Le film est violent mais sans complaisance.Il y a un détachement,une élégance que l'on peut de qualifier de cool comme le jazz des années 50.Des scène sont marquantes:l'arrivée du cavalier sur l'ilot désolé,les suicides collectifs à la grenade,le soldat qui attend l'ennemi avec des mines sur lui pour le faire exploser et qui regarde le ciel comme Le prince André de Guerre et Paix de Tolstoi,la mort du général.

Il y a dans ce film de guerre un terrible douceur,un recueillement comme une prière face à la mort. 



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