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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 16:45

Sophie Dulac Distribution

Après seulement un court-métrage et deux longs métrages,Emmanuel Finkiel s'impose comme l'un des meilleurs cinéastes de sa génération et avec son dernier film comme l'un des meilleurs observateurs de notre temps.Si dans Voyages,il montrait l'impact de la Shoah- cinquante ans après sur la vie des survivants,ici,il montre l'effet de la mondialisation sur les européens.

Sophie Dulac Distribution

Sans voix off,sans véritable dramatisation,Finkiel filme des lignes de vie qui se croisent.Celles de Kurdes qui vont d'Est en Ouest-de leur pays vers l'Angleterre- et celles de deux personnages qui vont d'Ouest en Est : une jeune étudiante qui filme les pauvres dans une sorte de rail movie et un homme qui dirige la délocalisation d'un usine de le France vers la Hongrie.

Sophie Dulac Distribution

Finkiel n'assène aucun message mais avec les moyens du cinéma,c'est à dire l'enregistrement d'images,il montre à égalité les lieux,les machines et les gens.

Il filme avec la même attention ceux qui se cachent et cherchent la terre promise et celle qui filme les pauvres sans assez s'interroger sur les images qu'elle vole et celui qui retire leur travail aux ouvriers de son pays pour cause de rentabilité.

Il  répond aux voeux de Jean Luc Godard qui demandait un vrai cinéma politique dont la force ne vient pas de son message mais de l'enregistrement du réel.

Sophie Dulac Distribution

Chez Finkiel,l'exigence de la mise en scène est totale,chaque image a se force propre,gros plans et inserts presque fantastiques.Ah ces coulures d'huile de machine !!!Ces machines beaucoup plus importantes pour les délocalisateurs que ceux qui les font fonctionner.Le peuple manque comme disait Deleuze citant Paul Klee. 

On pourrait reprocher à Finkiel en faisant disparaître la narration de ne pas laisser assez d'espace aux acteurs pour s'exprimer.Le film est assez austère,et entendre la voix de Charlie Chaplin amène une émotion et une humanité inattendue comme dans le dernier film de Tsai Min Liang I don't want to sleep alone.Le film a quelque chose d'asiatique dans le portrait d'individus pris dans un processus historique qui les dépasse.

Il y a dans ce film grace à la légèreté de la caméra DV une succession de plans réalisés dans l'inspiration du moment qui ouvrent le film sur le réel comme le cinéma le fait rarement et qui aboutit à une leçon politique sans aucun dogmatisme.



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