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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 08:09
Universal Pictures International France
Comme les frères Coen,Tarentino fait un cinéma référentiel,autiste et maniériste dont le matériau n'est pas le Monde mais le Cinéma.C'est un conteur brillant,qui fabrique des machines cinématographiques qui carburent au cinéma d'hier.Dans Inglourious basterds se croisent avec virtuosité le film de guerre,le mélo sentimental,le film de commando et le western spaghetti.Le thème majeur de Tarentino est la vengeance.Elle est présente dans tous ses films et particulièrement dans celui-ci où Tarentino offre aux juifs une vengeance que l'histoire ne leur a pas donnée.Ce thème permet tout de suite de faire participer les spectateurs aux péripéties du film et fait du Cinéma un lieu de vengeance sur la Vie.
Brad Pitt. Universal Pictures International France
Dans ce film contrairement aux Kill Bill-du coup moins réussis-,Tarentino renoue avec ses dialogues proliférants qui nous font entrer dans son monde délirant.
Le mélange des langues:français,anglais,allemand et italien habituellement gommé du cinéma américain est ici particulièrement savoureux.Il réussit à nous mettre à la place des personnages qui sont pris au piège d'une  dialectique logique et délirante à la fois.Christoph Waltz dans le rôle du SS chasseur de juifs est avant tout un bavard qui circonvient ses interlocuteurs par sa faconde.C'est une sorte d'autoportrait de Tarentino.C'est cet officier nazi qui met en scène les personnages du film.Ce n'est pas un idéologue,mais un homme qui a trouvé un terrain de jeu à sa mesure dans la guerre.
Christoph Waltz. Universal Pictures International France
Le film est violent mais c'est une violence pour de rire.Brad Pitt n'est pas un héros-la figure héroïque est toujours ridicule chez Tarentino-.Il est divisé en chapitres qui ne raccordent pas totalement,donnant au film tonalité onirique.Dans Inglorious Basterds l'intrigue tourne autour du cinéma:les espions anglais sont critiques de cinéma,Goebbels est le rival de Selznick,c'est la pellicule en s'enflammant qui met fin à la guerre.
Tarentino accorde le Monde et l'Histoire à son désir de cinéma.Une curieuse utopie qu'il réussit à partager avec ses spectateurs.
Mélanie Laurent. Universal Pictures International France
Inglorious Basterds est un moment de jubilation cinématographique excellent dans la direction d'acteurs et aussi de spectateurs puisqu'il nous emporte dans son monde improbable de fantaisie.
Il n'y a qu'une seule politique dans Inglorious Basterds,celle du Cinéma.


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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:55
Sony Pictures Releasing France
Sacha Baron Cohen revient avec un personnage encore plus déjanté que Borat.Brüno est un homosexuel autrichien,journaliste de mode qui rêve de faire carrière à Hollywood.Sa nullité l'empêche d'être reconnu pour ses talents de créateur mais il réussit à devenir célèbre par le scandale.
Brüno c'est une fable sur la peopolisation du monde du cinéma,de la télé et de la mode.Sur la forme,le film ressemble à un film de Michael Moore,un film enquête avec caméra cachée,où les provocations de Brüno révèlent le conformisme,l'homophobie,l'homosexualité inconsciente des machos (les chasseurs,le prof d'arts martiaux)...
Le film est plus dérangeant que Borat qui s'attaquait au racisme.Dans Brüno,Sacha Baron Cohen s'attaque à un sujet plus universel-la sexualité-qui fonde encore plus l'identité que l'origine ethnique ou nationale.Les identités usurpées de Borat et de Brüno renvoient à une inquiétude du personnage sur son identité qui fait de Baron Cohen un héritier des grands comiques du passé:Chaplin,Keaton,Lewis et Allen avec beaucoup plus de mauvais gout et un réalisme documentaire,inconnu chez les vieux maîtres.Sacha Baron Cohen introduit une dimension de sauvagerie et de bestialité inédit dans le cinéma comique à ce jour.Il fait penser à Andy Kaufman,le personnage de Man on the moon,le film de Milos Forman qui racontait la vie et la mort d'un grand provocateur et truqueur de la télévision américaine des années 70.
Sacha Baron Cohen. Sony Pictures Releasing France
L'outrance obscène n'est pas toujours drôle mais dans l'ensemble assez efficace dynamitant les conventions.Les cibles-les homophobes,les fanatiques religieux et les people engagés dans la charity business qui en tirent des bénéfices médiatiques.
L'ambigüité est constante dans le film.S'agit il réellement de scènes tournées en caméra cachée ou mises en scènes?Baron Cohen invite à la fin de son film les people,Elton john,Bono qu'il a dénoncé dans son film,le rôle de Brüno est celui d'une folle grotesque qui exploite pour faire rire les pires clichés sur les homosexuels ...En vérité cela importe peu et l'outrance du personnage comique mise en scène paraît plus honnête et beaucoup plus cinématographique que la position un rien donneuse de leçons d'un Michael Moore
.
Borat et Brüno illustrent l'effacement de la frontière entre cinéma et documentaire qui caractérise le cinéma d'aujourd'hui avec une force comique inégalée.


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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 08:28
Warner Bros. France

Harry Potter,orphelin a toujours été un enfant inquiet-sur son identité,ses pouvoirs,ses affinités avec le Mal- mais à mesure que la saga avance les films deviennent de plus en plus sombres.Ce dernier opus rend compte de la transformation physique des acteurs qui ne sont plus ces charmants enfants pleins de ressources en connexion naturelle avec le merveilleux mais des ados assez ingrats avec leurs pénibles histoires de coeur.Ils ne sont même plus émerveillés par leurs pouvoirs magiques.

Emma Watson, Daniel Radcliffe et Rupert Grint. Warner Bros. France
La première partie du film est constituée de scènes quotidiennes à Poudlard dépourvues d'épisodes pittoresques.Le film est pratiquement contemplatif,dépourvu d'action.Même la partie de Quidditch est curieusement absorbée dans une atmosphère contoneuse de neige.Les déboires sentimentaux de Ron et Hermione sont décrits par le menu avec une distance ironique glacée.Dans cette première partie se mettent également en place de façon élliptique les forces du Mal autour de Drago Mallefoy.Dans la seconde partie,l'action et le fantastique reprennent leur droit mais Harry Potter connaît pour la première fois la défaite...
Daniel Radcliffe et Emma Watson. Warner Bros. France
La qualité des effets spéciaux nous transporte vraiment dans le monde imaginaire de JK Rowlings.Dans ce film comme dans toute la série,le cinéma ne semble pas connaître de limites.Ce qu'un écrivain peut inventer en mettant quelques mots sur le papier,les scènes les plus oniriques,les plus spectaculaires,le cinéma peut les retranscrire.Il y a une magie d'Harry Potter au cinéma à laquelle il ne faut pas résister.

Voir aussi Harry Potter et l'ordre du phénix

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 08:19
Universal Pictures International France
Michael Mann est peut être dans la vie un homme charmant,mais si on lui confie une caméra,il se transforme en brute épaisse filmant ses films d'action avec la subtilité des manieurs de mitraillettes de ses films.
Johnny Depp et Marion Cotillard. Universal Pictures International France
Là où un Johnnie To invente des variations sophistiquées sur le genre avec humour et élégance,Michael Mann filme sans scénario,une histoire de gendarmes et de voleurs de cour de récréation.Son cinéma repose sur le plus,plus de bruit,plus de violence,plus de gros plans.Le résultat de ce passage en force est consternant.



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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 11:35

Mars Distribution

Après avoir célébré le ménage à trois dans son précédent film,Woody Allen récidive dans Whatever works.En plus de l'éloge du trio amoureux,Allen fait celui du couple homosexuel et finalement de toutes les sortes d'amour du moment que ça marche.L'urgence de ce précieux message lui fait négliger le cinéma et ce film au rythme rapide-sans temps fort ni temps faible- est paresseusement filmé.

Evan Rachel Wood et Larry David. Mars Distribution

Whatever works est  une pièce de boulevard New yorkaise qui combat les préjugés sur l'amour et la bigoterie de l'Amérique profonde.Les dialogues sont brillants mais les personnages et les situations trop schématiques.Le film manque de chair.Larry David a le mérite de ne pas jouer comme un clone de Woody Alllen mais son personnage atrabilaire,boiteux qui se balade en short est peu ragoutant.Whatever works à l'image de son protagoniste principal est une comédie sans charme.

Patricia Clarkson. Mars Distribution

Lire également

Vicky Cristina Barcelona

Le rêve de Cassandre

Scoop

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 14:23

UGC

Bancs publics est une comédie originale,burlesque comme n'en a pas produit le cinéma français depuis Jacques Tati.Si l'on avait pu penser après les deux premiers volets de la trilogie sur Versailles et Liberty Oleron que le cinéma de Podalydes allait s'orienter vers la comédie psychologique à la Truffaut,depuis Le mystère de la chambre jaune son cinéma s'oriente vers le burlesque.

Podalydes est fasciné par la mécanique.Celle des choses,celle du cinéma et celle des êtres humains eux-mêmes montrés comme des machines,des machines désirantes comme les définissait Deleuze.Le premier plan du film est celui d'un escalier mécanique,le dernier est celui d'un square vu du ciel.Cette distance est au principe de cette comédie singulière.Le rire selon Bergson c'est le mécanique plaqué sur le vivant.

Denis Podalydès, Bruno Podalydès et Samir Guesmi. UGC

L'action se déroule dans trois lieux différents,des espaces publics:un bureau avec ses employés,un square de Versailles et un magasin de bricolage.L'action du film s'organise autour du mystère d'une banderole déployée en face des fenêtres de l'immeuble du bureau,un homme y a inscrit "homme seul".Le film rappelle la thématique des derniers Resnais,On connait la chanson et Coeurs où la solitude des  personnages est au fondement du film.Ici,les poissons rouges qui symbolisent la solitude remplacent les méduses de Resnais.

Elie Semoun et Isabelle Candelier. UGC

Le film s'organise autour de vignettes dessinées par de grands acteurs captés par une caméra neutre qui montre chacun dans un rôle qui lui ressemble pris également dans une mécanique qui ne cesse de s'enrayer.Seuls les enfants et le SDF joué par Elmosnino semblent en accord avec eux-mêmes.Les autres sont au bureau mais s'intèressent surtout à ce qui se passe ailleurs,les vieux vivent dans la peur de la maladie,les patrons débitent leur crédo sur la rentabilité sans y croire,ils sont tous reliés à leur téléphone portable qui leur apportent des mauvaises nouvelles de leur vie sentimentale.

Le défilé d'acteurs célèbres venus de différentes famille du cinéma:la famille Podalydes,la famille Resnais,la famille du Splendid,la famille Desplechin,la famille la vérité si je mens,la famille les inconnus,n'a rien de convenu mais renforce le plaisir du jeu:les grands acteurs sont capables de faire vivre des personnages en quelques plans ce qui justifie leur présence dans le film.

Chiara Mastroianni et Emmanuelle Devos. UGC

Le côté mécanique de cette comédie est bien sûr à son maximum dans le magasin de bricolage où les perçeuses,le machines outils qui fascinent les clients deviennent folles et sont responsables d'un désastre assez joyeux.La perçeuse remplace ici comme objet phallique le révolver des films de gangsters américains.Les dialogues et les situations sont souvent absurdes.Il reste à l'issue du film l'impression un brin mélancolique d'un monde où malgré le happy end sentimental,la vie-et le cinéma- trouvent leur sens dans le jeu et donc dans la part d'enfance qui reste en chacun de nous.  



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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 15:52
Rezo Films
Jaffa a les qualités du cinéma israélien,un cinéma concret,quotidien,jamais directement politique qui montre l'impact sur les individus et surtout sur les structures familiales de la situation particulière des israéliens,des citoyens d'un pays qui se maintient par la force de l'armée dans une région et au milieu d'une population hostiles.

Ronit Elkabetz et Moni Moshonov. Rezo Films
Le film a la forme d'une tragédie classique:Une jeune femme juive est enceinte de l'employé palestinien de son père,propriétaire d'un garage.Le palestinien tue accidentellement lors d'une bagarre le frère-raciste- de la jeune femme.Celle ci garde l'enfant et vit chez ses parents sans leur révéler l'identité du père qui est mis en prison pendant 9 ans.Les parents qui semblaient cohabiter pacifiquement avec les palestiniens se mettent à les haïr après le meurtre.Roy Assaf, Mahmud Shalaby et Hussein Yassin Mahajne. Rezo Films
La forme du film appelle certaines réserves parce qu'il s'agit d'un mélodrame psychologique qui refuse la psychologie.Il montre des personnages murés dans le silence et le mensonge .La construction du scénario est particulière.Le film est fait de scènes fortes entre lesquelles la réalisatrice laisse des blancs trop nombreux ce qui laisse les acteurs un peu abandonnés face à la caméra,obligés de jouer des scènes qui devraient être très émouvantes mais qui tombent en plat par manque d'empathie pour des personnages dont le mutisme et l'opacité sont un peu trop exagérés.



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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 08:01
Diaphana Films
Looking for Eric est un conte de fée social dont Ken Loach a le secret.Le film montre un postier aux prises avec des ennuis sentimentaux et policiers qui voit s'animer dans sa chambre à coucher,descendu d'un poster,son idole,Eric Cantona.Le footballeur dans son propre rôle devient le coach du postier,une sorte de choeur antique qui conseille son protégé à coup de sentences souvent idiotes mais qui donnent au postier dépressif confiance en lui et en ses collègues de travail qui sont comme lui des supporters de football.
Steve Evets et Eric Cantona. Joss Barratt
Le film suit deux fils narratifs:une histoire sentimentale pas très convaincante,le postier est toujours amoureux de la femme qu'il a abandonné une vingtaine d'année auparavant et il veut la reconquérir et un autre histoire où il est en lutte contre une bande mafieuse dans laquelle son beau fils est entré et dont il n'arrive plus à sortir.Grace à Cantona et à la solidarité de ses amis tout se termine bien.
Steve Evets. Joss Barratt
Très bien interprèté sauf par Cantona qui peine dans son propre rôle,le film au scénario trop téléphoné comme on dit dans le langage du football se réduit à un message politique qui fait l'éloge du peuple et de sa culture-le football-mais il n'est pas cinématographiquement très abouti,encombré de trop de clichés sentimentaux
.


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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 16:34

Les Films du Losange

L'acceuil catastrophique qu'Antichrist a reçu à Cannes faisait craindre le pire.Ces craintes étaient injustifiées.Bien qu'il ne s'agisse pas d'un film agréable à voir, il s'agit de vrai cinéma et pas de provocation gratuite malgré les outrances.

Le film est construit selon deux axes familiers à Lars Von Trier,l'un des deux est la lutte pour le pouvoir et les manipulations qui en découlent-ici à l'intérieur d'un couple-et le second est le scénario de la Grace et de la Rédemption repris de Dreyer,Bergman,Bresson et Tarkovski auquel cette oeuvre est dédiée.Il s'agit d'un cinéma chrétien ou le personnage subit les pires avanies avant de trouver une paix,une réconciliation.Cete conclusion heureuse peut manquer chez Bergman ou Bresson.Lars Von Trier a créé toute son oeuvre dans la fascination et la haine de ce cinéma.

Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

Le film raconte l'histoire d'un couple qui a perdu un enfant-il est tombé par la fenètre pendant que les parents faisaient l'amour- ,la femme fait une dépression et le mari psychologue décide de la traiter lui-même.Il l'emmène au coeur d'une forêt hostile qu'elle redoute et où elle est déjà venue pour s'isoler et écrire une thèse sur les femmes torturées pour sorcellerie dans les siècles passés.

Dans cette forêt,le mari se met en position de maitrise et sa psychotérapie devient une prise de contrôle de l'esprit de sa femme.A partir de là,le film suit une voie chaotique et outrée où il devient impossible de déméler le fanstasme de la réalité.A ce point Antichrist ressemble au Shining de Kubrick.La présence d'animaux maléfiques,de dieux tutélaires-douleur,deuil et mort-de gravures anciennes de massacres,de végétation hostile semblent accompagner voir provoquer l'aggravation de l'état mental de la femme.Il faut rendre compte du grand talent de Charlotte Gainsbourg qui réussit à garder une fraicheur et un innocence incroyables dans les pires scènes du film comme celles de mutilations sexuelles.

A partir d'un certain moment dans le film,le spectateur ne sait plus si le film raconte une histoire vécue ou totalement fantasmée par l'un ou l'autre des personnages où s'il assiste à l'expression de la folie de Lars Von trier où à la sienne propre.Cette perte de repère explique probablement le rejet du film par la critique.

Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

On sait que l'image depuis les origines de l'humanité a été le support du Sacré:déesses mères,madones,représentation du Christ dans les débuts de la peinture occidentale.Avec Antichrist Lars Von Trier,crée des images qui racontent une histoire mais qui mêlent des images mentales,des images mythiques,des images fantasmées.Récusant toute maîtrise sur ce qu'il filme,racontant une histoire de sorcière qui lui échappe,il sature ses images de symboles.La place du cinéaste qui fabrique ses plans avec des bougés de caméra et celle du spectateur sont sensibles pendant tout le film.Von Trier ne cherche pas à nous emporter dans le film mais au contraire par son outrance,par sa brutalité,il essaie de distancier l'action non pas pour une prise de conscience politique à la Brecht mais simplement pour faire du film une oeuvre qui rend compte d'un monde cahotique,livré aux puissances du Mal et où la Nature et l'Homme sont aussi ratés l'un que l'autre.Le titre Antichrist renvoie aux gnostiques,ces sectes nées en même temps que le christianisme qui professaient que la Création était mauvaise,ratée dès le départ.La peinture de Jérome Bosch serait un reflet de ces courants de pensée.Antichrist fait également penser aux gravures hallucinées de Goya. 

 

Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

Antichrist est une expérience de cinéma qu'il faut tenter.Un cinéma où le cinéaste essaie de créer des images qui touchent aux peurs les plus profondes,celles que font naître la sexualité et la mort et auxquelles les religions tentent de répondre.L'ambition est très grande,et dans Antichrist,la présence de Charlotte Gainsbourg est à la hauteur de l'enjeu.



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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 19:24
ARP Sélection

Johnnie To est un spécialiste du film de gangster.Il réalise avec Vengeance un chef-d'oeuvre du genre.Intrigue minimale,mais maximum de mise en scène et réflexion intelligente sur le genre.On retrouve dans ce film comme dans les précédents:les tueurs dans leur travail quotidien,Hong Kong très bien photographié et des scènes de repas aussi nombreuses que les scènes de fusillade que To s'ingénie à filmer de façon toujours plus spectaculaires.
Johnny Hallyday. ARP Sélection
Ce film a la particularité de se passer également à Macao et d'accueillir Johnny Hallyday dans le rôle d'un papy français,ancien gangster qui vient se venger de la mort de sa fille,de son gendre et de leurs enfants.Il engage des tueurs mais sa mémoire peu à peu s'efface au point qu'il ne comprend plus la nécéssité de se venger.Johnny Hallyday parvient à faire croire à ce personnage fantomatique,un fantôme du samouraï de Melville qui traine sa carcasse,ses yeux bleus un peu bridés,un flingue à la main dans la nuit d'extrème Orient,décalé par l'age,la nationalité et la maladie.
Johnny Hallyday. ARP Sélection
Johnnie To fait lui-même la critique de son cinéma en montrant le caractère mécanique et absurde de la vengeance qui continue même si ce qui l'a déclenchée est oublié.Toutes ses fusillades,ses armes automatiques,ses massacres chorégraphiés ,cette violence déchainée qui bute sur un Johnny Hallyday qui s'agenouille et qui prie et qui reprend son arme pour un duel final et crépusculaire Le film s'achève sur un éclat de rire pathétique,émouvant et ambigue.
Vengeance est un exercice de style qui ne manque pas d'ambition.


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