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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 10:55
Frantz

Frantz est une réussite comme l'était le dernier film d'Ozon, Une nouvelle amie. Comme dans son précédent opus, la mort crée un trouble d'identité chez le personnage principal qui prend la place du ou de la disparu(e).

Le cinéaste montre avec sensibilité les effets de ces changements sur l'entourage, les mensonges et la dissimulation qui les accompagnent.Il crée un suspense sentimental intrigant.

Le film en noir et blanc devient en couleur pour les scènes de fabulation, les scènes oniriques et aussi celles qui renvoient à l'Art puisque le tableau de Manet,Le suicidé, joue un rôle important dans le film.

Pour Ozon le cinéma est un lieu de fantasme qui ne résout rien mais qui permet d'explorer les mystères de l'identité.

Le film rappelle Jules et Jim de Truffaut mais semble filmer par Chabrol. Le couple Pierre Niney - Paula Beer est très bien.

Frantz
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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 07:18
Toni Erdmann

A ce jour, les deux films présentés à Cannes les plus intéressants relèvent du genre burlesque.Toni Erdmann comme Ma Loute donnent une image du monde comme il ne va pas,en passant par l'outrance et le rire.

Toni Erdman fait le portrait d'une femme dévorée par son ambition, elle négocie des licenciements en Roumanie.Elle se retrouve à son corps défendant flanquée de son père qui vient perturber les difficiles négociations qu'elle mène avec des hommes d'affaire de Bucarest.

Contrairement à ce que l'on voit habituellement au cinéma, ce ne sont pas les jeunes qui recherchent leur émancipation mais c'est le père qui s'affranchit des conventions sociales.

Le film n'est pas manichéen et même si le portrait de la jeune femme, social, psychologique et sexuel est sans concession, le père qui fait licencier un ouvrier en faisant une de ses blagues, n'est pas très ragoutant.

Il fait un usage perturbant de fausses dents, de perruques mal ajustées.Le sommet est atteint lorsqu'il se déguise en objet phallique poilu.

Toni Erdmann n'est pas une comédie légère mais une image juste de notre Europe qui aliène également ses classes dirigeantes et mène ses activités délétères sur ses petits "pays" comme la Roumanie.

Toni Erdmann
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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 06:55
Tout de suite maintenant

Le film repose sur un scénario aberrant: une sombre histoire de vengeance qui courre sur deux générations. Le casting brillant sauve cette oeuvre mineure. Bonitzer peut mieux faire.

Tout de suite maintenant
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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 07:22
Diamant noir

Diamant noir est une très bonne surprise, un polar noir et poisseux qui tient son suspense jusqu'au bout, ce qui est extrêmement rare.

C'est l' histoire d'un infiltré dans une famille de diamantaire anversois.C' est à la fois documentaire et romanesque,une histoire fiévreuse de transmission familiale et une leçon sur la taille du diamant.

Le tailleur de diamant recherche la lumière dans la taille de la pierre.

Le cinéma d'Harari trouve la lumière de son cinéma dès son premier film.Très prometteur.

Diamant noir
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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 07:20
Elle

Après Julieta d'Almodovar, Elle est un nouveau polar HItchcockien. Si le premier film était curieusement vide, celui-ci est dramatiquement plein. Le principe du scénario parfaitement mécanique et déplaisant est de faire de la victime d'un viol- Isabelle Huppert, remarquable comme toujours-un personnage monstrueux: le viol devenant une modalité de sa sexualité.

Cette inversion de la mécanique du polar a pour conséquence un manque de crédibilité du film rédhibitoire.

Hitchcock disait meilleur est le méchant, meilleur est le film, ici, le violeur n'a aucune consistance et les personnages qui entourent Huppert ne sont que des ombres sauvées par de très bons interprètes. Un film qui refuse la psychologie et qui perd en chemin son spectateur.

Elle
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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 07:14
Julieta

Julieta est un nouveau polar Hitchcockien d'Almodovar mais le genre est bizarrement détourné par le refus du réalisateur d'aller au bout de ce qu'il raconte. Il s'agit d'un film en creux où les scènes à faire, les plus dramatiques, celles que l'on attend restent hors champs.

Si la flamboyance des couleurs almodovariennes sont toujours là, le film est curieusement timide, plus une ébauche qu'une mécanique policière.

Cette histoire d'une femme qui ne revoit plus sa fille sans qu'elle sache pourquoi -sa fille a coupé tous les liens avec elle-est constituée de scènes qui multiplient les fausses pistes.

Julieta est un film qui nous laisse abandonné comme son personnage principal.

Julieta
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 08:58
Café Society

Comme dit Woody Allen lorsqu'il présente ses films," si vous n'aimez pas ce film, ce n'est pas grave, j'en ai déjà tourné un autre".

Café Society est une comédie mineure dont l'intrigue sentimentale est particulièrement mince. Il récapitule l'oeuvre du Maître: on y retrouve: les années 30, l'opposition New York/ Hollywood, la famille juive vulgaire,dépassée, et envahissante, les gangsters, le voisin acariâtre, le personnage principal, ici Jesse Eisenberg en clone de l'acteur Woody Allen etc...

Ce film fait partie de ceux qu'Allen tourne pour fuir sa névrose selon son propre aveu dans les interviews sans l'implication qui semblait plus évidente dans L'homme irrationnel son précédent opus.

Café Society
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:52
Ma Loute

Ma Loute illustre le virage surprenant de Bruno Dumont vers la comédie burlesque après une filmographie consacrée à la Grâce et à l'étude du Mal. Il ne s'agit pas d'un reniement mais d'un approfondissement fécond.

Le film rétro, merveilleusement filmé sur la côte d'Opale montre une humanité assaillie de questions oiseuses et qui y répond par des conduites absurdes voir odieuses.

Le passage par la comédie permet de reprendre des questions longtemps laissées en jachère au cinéma.

Le film ne fonctionne pas sur des épisodes de scénario mais sur des questions de cinéma.

Un exemple de ces reprises de l'histoire du cinéma est la figure de la Disparition. On peut dater la naissance du cinéma moderne avec la disparition du personnage féminin de l'Avventura d'Antonioni. Dans Ma Loute, les disparitions se succèdent et le commissaire qui mène l'enquête est le premier à les accepter avec fatalisme. Ce thème de la disparition met en crise le cinéma d'action et brise ce que Deleuze appelait le lien sensitivo-moteur. Le cinéma après cette révolution, quitte le domaine de l'action pour donner directement un image du Temps.Dans Ma Loute, elle met en crise l'humanité.

Le personnage du policier fait penser à Oliver Hardy, il fait équipe avec une sorte de jumeau maigre. Pour rechercher un indice au sol, il est obligé de s'écrouler par terre, emporté par son poids. Le film est un rare essai de burlesque parlant où les éléments à l'écran évoluent selon leur propre logiques et pas selon l'arc narratif d'un scénario.

Dans ce jeu de massacre, la reprise comique de la figure de la lévitation-sommet du film de la Grâce comme chez Tarkovski-est réussit parce qu'elle garde son efficacité miraculeuse avec une ironie bienfaisante.

Le film qui semble opposer les riches et les pauvres n'est pas un film social. Il s'agit plutôt d'un film surréaliste où l' ambiguité de l'androgyne n'empêche pas l'amour d'exister.Cette figure de l'androgyne qui de Platon à Bergman dans son dernier film officiel - Fanny et Alexandre-souvent utilisée, permet de mettre en scène le mystère du Monde.

L'extraordinaire force de Ma Loute est sa capacité à surprendre et à dessiner des figures aux limites de l'abstraction avec légèreté et gravité à la fois.

Ma Loute
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 11:10
Dalton Trumbo

Dalton Trumbo est un biopic qui remplit son contrat. Il montre l'histoire des 10 d'Hollywood, des scénaristes interdits de travailler pendant le maccarthysme à travers l'histoire de Dalton Trumbo. La reconstitution est savoureuse, bien plus réussie et intéressante que dans le film Ave Cesar des frères Coen. On y croise des bons, des collabos et des méchants.

La position politique de Trumbo n'est pas explicitée dans le film-un stalinien sectaire-d'après Michel Ciment ce qui est dommage mais le film montre surtout la dérive de la commission des affaires anti-américaines qui ne respectait pas la constitution des Etats-Unis.

Le personnage très bien incarné par Bryan Cranston est attachant et il est entouré de seconds rôles efficaces.Un film passionnant si on s'interesse à l'Hollywood de l'Age d'or.

Dalton Trumbo
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 07:34
Le fils de Joseph

Le fils de Joseph fait partie de ces films rare qui décrivent un chemin vers la Grâce.Très influencé par Bresson, le film montre des personnages figés qui parlent une langue châtiée où l'on s'obstine à prononcer toutes les liaisons entre les mots. Cette artificialité est redoublée par le récit qui reprend les chapître bibliques du sacrifice d'Abraham et de la fuite en Egypte de la famille de Jésus.

C'est un film à contre-courant où quand on dit d'un personnage qu'il est un homme bon, il n'y a aucune ironie.

L'humour est là, la poésie aussi lorsque l'on assiste à un concert de musique baroque dans une église.

C'est un beau film bien qu'il soit difficile de dire si c'est grace ou à cause de la lourdeur de son dispositif. Dans sa dernière scène, Mathieu Amalric -le méchant de l'histoire- figé comme les autres par la mise en scène- réussit à faire passer un moment d'émotion,une quasi conversion au Bien.

Le fils de Joseph
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