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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 07:14
Julieta

Julieta est un nouveau polar Hitchcockien d'Almodovar mais le genre est bizarrement détourné par le refus du réalisateur d'aller au bout de ce qu'il raconte. Il s'agit d'un film en creux où les scènes à faire, les plus dramatiques, celles que l'on attend restent hors champs.

Si la flamboyance des couleurs almodovariennes sont toujours là, le film est curieusement timide, plus une ébauche qu'une mécanique policière.

Cette histoire d'une femme qui ne revoit plus sa fille sans qu'elle sache pourquoi -sa fille a coupé tous les liens avec elle-est constituée de scènes qui multiplient les fausses pistes.

Julieta est un film qui nous laisse abandonné comme son personnage principal.

Julieta
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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 08:58
Café Society

Comme dit Woody Allen lorsqu'il présente ses films," si vous n'aimez pas ce film, ce n'est pas grave, j'en ai déjà tourné un autre".

Café Society est une comédie mineure dont l'intrigue sentimentale est particulièrement mince. Il récapitule l'oeuvre du Maître: on y retrouve: les années 30, l'opposition New York/ Hollywood, la famille juive vulgaire,dépassée, et envahissante, les gangsters, le voisin acariâtre, le personnage principal, ici Jesse Eisenberg en clone de l'acteur Woody Allen etc...

Ce film fait partie de ceux qu'Allen tourne pour fuir sa névrose selon son propre aveu dans les interviews sans l'implication qui semblait plus évidente dans L'homme irrationnel son précédent opus.

Café Society
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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 07:52
Ma Loute

Ma Loute illustre le virage surprenant de Bruno Dumont vers la comédie burlesque après une filmographie consacrée à la Grâce et à l'étude du Mal. Il ne s'agit pas d'un reniement mais d'un approfondissement fécond.

Le film rétro, merveilleusement filmé sur la côte d'Opale montre une humanité assaillie de questions oiseuses et qui y répond par des conduites absurdes voir odieuses.

Le passage par la comédie permet de reprendre des questions longtemps laissées en jachère au cinéma.

Le film ne fonctionne pas sur des épisodes de scénario mais sur des questions de cinéma.

Un exemple de ces reprises de l'histoire du cinéma est la figure de la Disparition. On peut dater la naissance du cinéma moderne avec la disparition du personnage féminin de l'Avventura d'Antonioni. Dans Ma Loute, les disparitions se succèdent et le commissaire qui mène l'enquête est le premier à les accepter avec fatalisme. Ce thème de la disparition met en crise le cinéma d'action et brise ce que Deleuze appelait le lien sensitivo-moteur. Le cinéma après cette révolution, quitte le domaine de l'action pour donner directement un image du Temps.Dans Ma Loute, elle met en crise l'humanité.

Le personnage du policier fait penser à Oliver Hardy, il fait équipe avec une sorte de jumeau maigre. Pour rechercher un indice au sol, il est obligé de s'écrouler par terre, emporté par son poids. Le film est un rare essai de burlesque parlant où les éléments à l'écran évoluent selon leur propre logiques et pas selon l'arc narratif d'un scénario.

Dans ce jeu de massacre, la reprise comique de la figure de la lévitation-sommet du film de la Grâce comme chez Tarkovski-est réussit parce qu'elle garde son efficacité miraculeuse avec une ironie bienfaisante.

Le film qui semble opposer les riches et les pauvres n'est pas un film social. Il s'agit plutôt d'un film surréaliste où l' ambiguité de l'androgyne n'empêche pas l'amour d'exister.Cette figure de l'androgyne qui de Platon à Bergman dans son dernier film officiel - Fanny et Alexandre-souvent utilisée, permet de mettre en scène le mystère du Monde.

L'extraordinaire force de Ma Loute est sa capacité à surprendre et à dessiner des figures aux limites de l'abstraction avec légèreté et gravité à la fois.

Ma Loute
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 11:10
Dalton Trumbo

Dalton Trumbo est un biopic qui remplit son contrat. Il montre l'histoire des 10 d'Hollywood, des scénaristes interdits de travailler pendant le maccarthysme à travers l'histoire de Dalton Trumbo. La reconstitution est savoureuse, bien plus réussie et intéressante que dans le film Ave Cesar des frères Coen. On y croise des bons, des collabos et des méchants.

La position politique de Trumbo n'est pas explicitée dans le film-un stalinien sectaire-d'après Michel Ciment ce qui est dommage mais le film montre surtout la dérive de la commission des affaires anti-américaines qui ne respectait pas la constitution des Etats-Unis.

Le personnage très bien incarné par Bryan Cranston est attachant et il est entouré de seconds rôles efficaces.Un film passionnant si on s'interesse à l'Hollywood de l'Age d'or.

Dalton Trumbo
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 07:34
Le fils de Joseph

Le fils de Joseph fait partie de ces films rare qui décrivent un chemin vers la Grâce.Très influencé par Bresson, le film montre des personnages figés qui parlent une langue châtiée où l'on s'obstine à prononcer toutes les liaisons entre les mots. Cette artificialité est redoublée par le récit qui reprend les chapître bibliques du sacrifice d'Abraham et de la fuite en Egypte de la famille de Jésus.

C'est un film à contre-courant où quand on dit d'un personnage qu'il est un homme bon, il n'y a aucune ironie.

L'humour est là, la poésie aussi lorsque l'on assiste à un concert de musique baroque dans une église.

C'est un beau film bien qu'il soit difficile de dire si c'est grace ou à cause de la lourdeur de son dispositif. Dans sa dernière scène, Mathieu Amalric -le méchant de l'histoire- figé comme les autres par la mise en scène- réussit à faire passer un moment d'émotion,une quasi conversion au Bien.

Le fils de Joseph
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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:41
L'Avenir

L'Avenir est un film qui montre une prof de philo parisienne qui perd sa mère, son mari et son travail d'éditrice. Du coup, lui échoit une liberté qu'elle n'a pas choisie et elle ne sait pas bien quoi en faire.

Isabelle Huppert ne joue pas. Elle est, et elle est formidable.Les personnages autour d'elle sont très bien interprétés.

Paris, le Vercors, Saint-Malo sont bien filmés. Ce film cruel est lumineux, malheureusement, il se perd un peu dans le Vercors.

Ce portrait d'intellectuels ne manque pas d'humour pointant le décalage entre le savoir théorique, lieu d'une certaine maîtrise et la vie qui va.

L'Avenir
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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:29
Quand on a 17 ans

Une chronique sensible et lyrique sur l'adolescence, la découverte de l'amour et de l'homosexualité entre deux garçons ordinaires sous l'œil d'une mère aimante et compréhensive interprétée par Sandrine Kiberlain.

Quand on a 17 ans
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 09:17
Room

Room est un film impressionnant de maîtrise qui dans une première partie montre la séquestration d'une mère et de son enfant qui est né en captivité puis dans une seconde partie, leur libération.

La première partie montre l'angoisse du confinement et la seconde partie l'angoisse de la libération.

L'enfant montre une résilience supérieure à sa mère. Il est émerveillé que le monde qui s'était limité pour lui à une chambre depuis sa naissance.Le monde se révèle à lui beaucoup plus vaste que ce qu'il imaginait en regardant la télévision.

Room n'est pas un film sentimental mais un film vraiment émouvant grace à la vérité de ses interprètes -l'enfant est extraordinaire, sa mère remarquable- et de la mise en scène.

Room
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 09:05
Médecin de campagne

Si Hippocrate le précédent film de Thomas Litli sur la médecine hospitalière était surprenant d'exactitude, le médecin de campagne paraît plus artificiel.La solitude du personnage de Cluzet paraît fabriquée pour que se déploie la romance avec sa remplaçante interprétée par Marianne Denicourt.

Le film montre un quotidien exact mais un peu édulcoré et manipule la solitude, la maladie sans fouiller assez la psychologie de ses personnages.

Médecin de campagne
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 07:24
Midnight special

Midnight special est un film intrigant et poétique qui met en scène le parcours d'un enfant différent vers la liberté. Mêlant polar et science fiction, film d'horreur et film de cavale, c'est la tension de la mise en scène qui fait tenir le film.

Un film qui mélange les genres avec virtuosité. Un conte philosophique où l'on retrouve l'ambiance de Take a shelter et de Mud, les précédent films de Jeff Nichols dynamisé par le mouvement d'un road movie fantastique.

Midnight special
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