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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 07:48
Vers l'autre rive

Kiyoshi Kurosawa est un cinéaste passionnant parce qu'il a un univers cinématographique personnel.L'écran pour lui est une surface de projection d'images enregistrées du monde réel et simultanément une interface avec le monde des rêves, des idées et des fantomes. Loin de la boursuflure du cinéma fantastique américain et de ses super héros, il réalise un cinéma fantastique qui illustre le concept d'inquiétante étrangeté du quotidien.

Vers l'autre rive est un road movie qui montre le parcours d'un couple à travers le Japon. La femme veuve depuis 3 ans est accompagnée dans son périple par le fantôme de son mari. Ils rencontrent des personnes que le mari a connu et qui vivent difficilement un deuil. Ce film poétique se deploie lentement (trop ?) vers une conclusion triste et apaisée.

Vers l'autre rive
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 07:17
Les deux amis

Une variation sensible et drôle sur Jules et Jim magnifiée par la présence lumineuse de Golfishteh Farahani. Le personnage interprété par Vincent Macaigne est drôle mais agaçant de médiocrité. Un film léger et grave à la fois.

Les deux amis
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:53
Youth

Il y a un cas Sorrentino: ce cinéaste de talent veut renouer avec un cinéma qui décrit une aventure existentielle comme le faisaient Fellini ou Visconti autrefois, mais malgré un vrai sens de la mise en scène et un casting excellent, il échoue.

L'échec vient de ce qu'il force le film à porter un message-une philosophie à la Houellebecq: la perte de sens pour le mâle occidental -en utilisant la voix off et les dialogues de façon lourde et volontariste.

Les grands films se caractérisent par une forme qui permet d'entrevoir un sens philosophique ou métaphysique mais ce sens n'est que suggéré.Le "message" est un motif caché qui donne à l 'oeuvre une épaisseur qui enrichit le film. Le message lui-même est souvent banal sans grand intérêt mais il donne son film son épaisseur. Dans une interview, Chantal Akerman disait qu'elle jetait ce qui lui paraissait trop clair dans son film. Ce qu'elle cherchait c'était que son inconscient communique avec celui de ses spectateurs.

Sorrentino ne fait pas assez confiance à son cinéma.De peur de ne pas se faire comprendre, il simplifie les situations et ses films paraissent naïfs au regard de leurs ambitions. Sorrentino fait penser à Claude Lellouch, cinéaste passionnant tant qu'il ne veut pas asséner ses vérités à son public.

Youth
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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 07:22
Dheepan

Dheepan est une palme d'or en prise avec l'actualité puisque le film traite de l'arrivée en France de réfugiés.

Audiard avec un savoir faire évident mêle constat social et film d'action.

D'une pudeur maladive, il décrit la noirceur du monde mais refuse l'émotion. C'est la limite de son cinéma techniquement impeccable dont la froideur laisse le spectateur à distance.

Dheepan
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 11:17
While we're young

Ce film n'est pas une comédie mais une réflexion amère et un peu rance sur le milieu des documentaristes New-yorkais . Si l'ambiance est bien rendue, le manque de rigueur du scénario ne permet pas au film de dépasser les clichés du genre.

While we're young
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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 07:46
Comme un avion

Comme un avion est l'un des meilleurs épisodes de la saga Podalydes débuté il y a plus de 20 ans avec Versailles Rive gauche.

Bruno Podalydes avec son frère Denis racontent leur vie bourgeoise, avec tendresse et humour, un monde de solitude assez sombre sauvé par les fantômes de l'enfance, un cinéma rempli de détails cocasses et tendres. Une folie douce et précieuse assez bien élevée.

Comme Liberté Oléron le film est construit sur le désir du personnage principal d'avoir un bateau.Mais dans le premier film, il s'agissait du père qui échouait à réaliser son rêve en faisant de son désir un moyen d'aliénation de toute sa famille. Ici, le fils,cinquantenaire un peu déboussolé débarque avec son kayak sur la rive idyllique d'une petite rivière,milieu amniotique et protecteur. Il rencontre des femmes généreuses mères et amantes, but inavoué de son désir d'évasion. Un désir de maternage, incarné par trois actrices formidables: Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui et Vimala Pons. En engageant des actrices expérimentées,Podalydes donne une nouvelle dimension à son cinéma.

Comme un avion est une comédie bucolique, élégante et rare, elle a la poésie des rêves d'enfant et trouve un coin d'Eden sur les bords de l'Yonne.

Comme un avion
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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 07:26
Contes italiens

Voilà un film qui nous ramène 30 ans en arrière au coeur du cinéma des frères Taviani.Un cinéma exigeant qui recherche à inscrire de la beauté sur l'écran.Un projet désuet et séduisant.

Dans Contes italiens, ils adaptent Boccace en s'inspirant de la peinture de Fra Angelico et d'Ambrogio Lorenzetti.

Dans une Toscane ravagée par la peste, des jeunes gens se réfugient à la campagne et se racontent des histoires d'amour.

Si la scénographie est un peu raide-nous sommes loin des personnages-, la beauté de la photographie est stupéfiante, recherchant une transparence, une fragilité en filmant la Toscane,les cieux, les visages des femmes, la vibration des matières.

La lumière est traitée avec ses contrastes violents comme dans les films expressionnistes en noir et blanc du début du cinéma ce qui est exceptionnel pour du cinéma en couleur.

On retrouve dans ce film la sensibilité des derniers Huston,Kurosawa et Resnais.

Dans ce sombre Moyen-age de Boccace,l'Amour et l'Art remportent la victoire sur la mort.

Contes italiens
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 13:30
L'ombre des femmes

L'ombre des femmes est un bon film de Philippe Garrel qui continue l'exploration du couple dans la France contemporaine et décrit son milieu d'artistes désargentés.

Curieusement, l'homme entre deux femmes trouve normal de tromper sa femme mais ne supporte pas qu'elle le trompe lui. La femme qui se sacrifie pour un homme passablement égoïste. La photographie en noir et blanc de Renato Berta est belle et l'interprétation de Clotilde Coureau convaincante, le films reste cependant assez anecdotique.

L'ombre des femmes
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 11:35
Trois souvenirs de ma jeunesse

Après un détour par les plaines américaines qui n'était pas très convaincant, Desplechin revient à son autobiographie fictive.Le film est un puzzle qui montre 4 épisodes de la vie de Paul Dedalus, l'alter ego de l'auteur, interprêté à l'age mûr par Mathieu Amalric dans Comment je me suis disputé.

Le premier épisode montre le conflit violent de Paul enfant avec sa mère et sa famille qui le marquera pour le reste de sa vie. Le second épisode décrit un curieux voyage en URSS où il offre son passeport et donc son identité à un jeune refuznik juif. Le troisième épisode-le plus important- raconte son histoire d'amour avec une jeune fille de 16 ans, Esther. Ils ont du mal à vivre leur passion parce que Paul vit à Paris et qu'Esther est restée à Roubaix. Le quatrième épisode est une conclusion tardive et énigmatique.

Proche de Truffaut par sa sensibilité, et de nombreux empreints à son cinéma :la musique de Delerue,les correspondances échangées, le télégramme intempestif, les fermetures de l'iris de la caméra, la dernière image figée, les dialogues très écrits, et enfin l'épilogue du film qui rappelle celui des Deux anglaises.

Les jeunes interprêtes,Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet sont a la hauteur de leurs personnages, il réussisent à incarner ce film très écrit qui aurait pu facilement manquer de vie. La distance temporelle, la fin des années 80 permet d'échapper à la banalité du temps présent.

Le montage du film fait de ruptures de ton et d'ellipses permet de rendre au présent ce qui se passe sur l'écran, magnifiant un cinéma à fleur de peau.Desplechin porte un regard rétrospecif sur sa vie amoureuse à plus de 30 ans de distance en laissant au passé sa part indéchiffrable.

Ce cinéma dénoncé comme nombriliste est en fait un cinéma d'analyse des sentiments,un cinéma profond même s'il semble superficiel qui met en jeu les tensions entre l'identité, l'amour, et la liberté.

Ce film de passion et de virtuosité montre que le cinéma d'émotion,un peu cérébral il est vrai, peut encore exister.

Trois souvenirs de ma jeunesse
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:46
Le labyrinthe du silence

Le labyrinthe du silence est un film dossier qui montre la préparation du premier procès qui s'est tenu en Allemagne en 1963 contre les anciens nazis. Il montre la lutte d'un jeune procureur de Francfort contre le mensonge et le déni qui règnent en Allemagne après la guerre au sujet d'Auschwitz.

Le film est instructif et efficace, très classique dans sa réalisation et par moment émouvant.

Le labyrinthe du silence
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