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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:30
Taxi Téhéran

Jafar Panahi qui est interdit de réalisation en Iran réussit à nous embarquer dans son taxi collectif. Il prend des passagers et fait le portrait d'une ville où règnent les voleurs, les trafiquants,le machisme et la superstition. Il dénonce également la censure cinématographique

Ce film est très proche de Ten de Kiarostami qui se déroulait également dans une voiture. Le défilé des personnages dans le taxi, les dialogues presque socratiques permettent de faire le portrait d'une société sous contrôle.

Taxi Téhéran
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:18
Broadway therapy

Broadway therapy est une comédie Woody allenienne avec adultères et prostituées dans le milieu du théâtre de Broadway. Le film est plaisant grâce à une mécanique efficace et des acteurs et actrices qui font preuve d'un abattage certain. Il est énergique, bien plus que les derniers Woody Allen et ne se prend pas au sérieux. La référence à Lubitsch peut cependant faire regretter l'élégance de la comédie américaine des années 30-40.

Broadway therapy
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:04
Le journal d'une femme de chambre

Encore une très belle réussite de Benoit Jacquot qui depuis quelques films réalise des oeuvres maîtrisées et vibrantes. Grace à Léa Seydoux, il brosse le portrait de la Belle Epoque qui vue du point de vue de la femme de chambre apparaît bien sinistre. Un monde où la frontière entre domesticité et prostitution n'existe pas ,où le harcèlement est la règle.On suit la femme de chambre souvent de dos, courant sous les ordres et les contre-ordres de la patronne. Les seconds rôles surtout les bourgeois mais aussi les domestiques sont aux limites de la caricature mais restent humains.Le film très bien photographié, caméra à l 'épaule. Il n'est pas figé dans l'académisme qui guette le film en costume. La musique de Bruno Coulais ajoute à l'émotion de cette femme qui court vers une liberté sans doute illusoire.Bien plus sensible que la femme de chambre de Bunuel, interprétée par une Jeanne Moreau insolente, forte qui ressemblait plus à une abstraction,à une déesse de la vengeance, celle de Léa Seydoux résiste plutôt intérieurement mais elle ne parvient pas à échapper à la domination d'une société machiste et antisémite qu'elle semble avoir inconsciemment intériorisée malgré sa lucidité et sa vaillance. C'est pourquoi elle choisit de partir avec le personnage interprêté par Vincent Lindon, fasciste et délinquant sexuel.

Le journal d'une femme de chambre
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:53
Inherent vice

Paul Thomas Anderson continue de démythifier l'Histoire américaine.Il adapte un roman de Thomas Pynchon qui lui permet de réaliser un polar vintage dont le décor est la Californie de 1970.

Période hippie,drogue et rock où un privé sous l'emprise plus ou moins permanente du cannabis et autres substances mêne une enquête ténue. La photographie est superbe, l'humour subtil mais le scénario manque de souffle.

Les béances du film The Master était compensées par le face en face entre Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phenix. Ici, Phenix est bien seul et les nombreux personnages qu'il rencontre ont bien du mal à exister à l'écran. La fidélité au livre est sans doute responsable du manque de nerf du film.

Inherent vice
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:25
Birdman

Inarritu est un surdoué du cinéma. Birdman est un film virtuose en unique plan-séquence qui montre les répétitions d'une pièce de thêatre d'après Carver à Broadway. Le spectacle est monté par un acteur has been d'Hollywood connu pour avoir joué 20 ans plus tôt dans une saga de super héros. Il lui reste quelques pouvoirs surnaturels inutiles et comme Gainsbourg coaché par Gainsbarre dans le film de Sfar, il est hanté par la créature qu'il a incarné.Il est en crise cherchant un sens à sa vie professionnelle et privée.

Le film montre la scène, les coulisses, les acteurs et les actrices, la femme , la fille, la maîtresse, Times Square captés par une caméra survoltée. On peut penser à Opening night de Cassavetes tourné de façon économe et tout à fait opposée.

Birdman est passionnant de virtuosité et d'originalité mais semble tomber dans le défaut qu'il dénonce: l'hystérie et la boursouflure des médiatisations d'aujourd'hui: réseaux sociaux, licences de super héros, perte généralisée des repères. C'est peut être aussi sa force.

Il faut bien sûr souligner la qualité supérieure de la distribution, tous les acteurs sont excellents, et un brin hystériques: le résultat est passionnant mais le film a une tonalité expérimentale qu'il ne transcende pas vraiment. La noirceur à la Robert Altman est difficile à maîtriser.

Birdman
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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 07:25
Mon fils

Mon fils raconte le parcours d'un jeune arabe israélien qui part à Jérusalem pour poursuivre ses études.

Il est construit en trois parties: La première montre son enfance sur le ton drolatique et amer des films d'Elias Suleymane, la seconde -la meilleure- montre son arrivée à Jérusalem, les débuts de son amitié avec un jeune juif handicapé et une histoire d'amour avec une étudiante juive. La troisième partie conclut le parcours d'une façon surprenante et peu crédible.

Eran Riklis veut montrer que les 20 % d'arabes israéliens sont des citoyens de seconde zone en situation d'apartheid par rapport aux juifs. Il le fait avec un scénario schématique et militant qui manque de la sensibilité et la nuance nécessaires à un film de cinéma.

Mon fils
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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 07:43
American sniper

Le début d'American Sniper donne une grille de lecture pour tout le cinéma d'Eastwood: l'humanité se divise en brebis qui subissent; en loups, les prédateurs qui veulent dépouiller les brebis et en chiens de berger qui veillent sur elles.

Tout son cinéma fait le portrait de ces héros - les chiens de berger- qui prennent sur eux la violence nécessaire à la défense des brebis contre les loups. Pale Rider, les héros d'Impitoyable,de Gran Torino et bien sûr,Chris Kyle,le personnage principal d'American Sniper sont des chiens de berger.

Cette thématique issue du western a parcouru toute son oeuvre, en montrant l'ambiguïté de l'usage de la violence au cinéma à la fois spectaculaire et donc cinématographiquement excitante, à la fois répugnante dans ses conséquences humaines mais nécessaire pour lutter contre le Mal.Cette conception semble sortie d'une lecture bigote de la Bible et du pêché originel.

Le cas de Chris Kyle, tireur d'élite qui a tué plus de 160 personnes au combat est exemplaire du héros eastwoodien. Il se vit comme un sauveur de l'Amérique mais Eastwood montre ses doutes qui sont essentiellement mis en scène dans ses relations avec sa femme souvent en pleurs. Ces scènes répétitives donnent au film un tour machiste désagréable.

La guerre est filmée avec le réalisme des films de Kathryn Bigelow, loin de la stylisation des films sur le Viet Nam des années 70. Les scènes d'action sont réussies même si le duel à distance avec le sniper syrien paraît artificiel.

Chris Kyle ressemble à un héros de Howard Hawks qui réussit à merveille sa mission mais l'inscription de ce récit dans l'histoire contemporaine évoque plutôt le cinéma de John Ford bien qu' Eastwood ne s'interroge pas vraiment sur l'engagement américain en Irak.

Curieusement à la fin du film, la disparition dérisoire de Kyle n'est pas filmée. Eastwood préfère filmer les hommages officiels de la Nation au héros.

Il ne lève pas les ambiguïtés de Chris Kyle, un technicien de la mort.

Son film met en scène un personnage qui a vraiment existé, il lui prête des scrupules q'il n'a peut être jamais eu.

Ces interrogations byzantines sur la violence conviendraient mieux à un film de pure fiction plutôt qu'à ce biopic truqué.

American sniper
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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 09:10
It follows

Un film d'horreur avec une idée originale:la sexualité transmet des hallucinations mortelles dans la ville fantôme de Detroit. Mais le film reste une longue course-poursuite un peu vaine à cause d'un scénario trop prévisible.

It follows
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:58
Foxcatcher

Foxcatcher est un drame psychologique chez les musclés. Le scénario très soigné joue de la complexité des relations de domination entre frères et entre le Maître et l'Esclave.

C'est un drame de la richesse qui met en scène l'homme le plus riche du monde à l'Oedipe mal liquidé. Un personnage ridicule, une sorte de Nosferatu dégouttant et quand même touchant.Le film tourné avec sérieux vaut par sa très belle performance du trio d'acteurs

Foxcatcher
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 08:37
Phoenix

Phoenix montre le retour chez elle en Allemagne d'une femme qui sort des camps après la seconde guerre mondiale. Elle est défigurée, son mari ne la reconnaît pas. Il lui demande de prendre la place de sa femme disparue pour s'approprier son argent.

Il s'agit donc d'un film qui reprend le schéma de Vertigo de Hitchcock, où un homme demande à une femme de prendre la personnalité de celle qu'il a aimé.

Ce schéma qui redouble le dispositif du tournage de cinéma met l'homme en position de metteur en scène et la femme en position d'actrice.Ce dispositif est fécond et a été souvent repris chez Brian de Palma par exemple.

Le couple Nina Hoss et Christian Petzold continue d'explorer l'histoire allemande. L'Allemagne d'après guerre y est curieusement abstraite et stylisée.

La dernière scène du film est une réussite émouvante qui se sert de la voix et du chant dans un film désincarné où la survivante qui était totalement assimilée avant guerre retrouve un monde angoissantoù elle n'a plus de place.

Phoenix
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