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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 07:46
Comme un avion

Comme un avion est l'un des meilleurs épisodes de la saga Podalydes débuté il y a plus de 20 ans avec Versailles Rive gauche.

Bruno Podalydes avec son frère Denis racontent leur vie bourgeoise, avec tendresse et humour, un monde de solitude assez sombre sauvé par les fantômes de l'enfance, un cinéma rempli de détails cocasses et tendres. Une folie douce et précieuse assez bien élevée.

Comme Liberté Oléron le film est construit sur le désir du personnage principal d'avoir un bateau.Mais dans le premier film, il s'agissait du père qui échouait à réaliser son rêve en faisant de son désir un moyen d'aliénation de toute sa famille. Ici, le fils,cinquantenaire un peu déboussolé débarque avec son kayak sur la rive idyllique d'une petite rivière,milieu amniotique et protecteur. Il rencontre des femmes généreuses mères et amantes, but inavoué de son désir d'évasion. Un désir de maternage, incarné par trois actrices formidables: Sandrine Kiberlain, Agnès Jaoui et Vimala Pons. En engageant des actrices expérimentées,Podalydes donne une nouvelle dimension à son cinéma.

Comme un avion est une comédie bucolique, élégante et rare, elle a la poésie des rêves d'enfant et trouve un coin d'Eden sur les bords de l'Yonne.

Comme un avion
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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 07:26
Contes italiens

Voilà un film qui nous ramène 30 ans en arrière au coeur du cinéma des frères Taviani.Un cinéma exigeant qui recherche à inscrire de la beauté sur l'écran.Un projet désuet et séduisant.

Dans Contes italiens, ils adaptent Boccace en s'inspirant de la peinture de Fra Angelico et d'Ambrogio Lorenzetti.

Dans une Toscane ravagée par la peste, des jeunes gens se réfugient à la campagne et se racontent des histoires d'amour.

Si la scénographie est un peu raide-nous sommes loin des personnages-, la beauté de la photographie est stupéfiante, recherchant une transparence, une fragilité en filmant la Toscane,les cieux, les visages des femmes, la vibration des matières.

La lumière est traitée avec ses contrastes violents comme dans les films expressionnistes en noir et blanc du début du cinéma ce qui est exceptionnel pour du cinéma en couleur.

On retrouve dans ce film la sensibilité des derniers Huston,Kurosawa et Resnais.

Dans ce sombre Moyen-age de Boccace,l'Amour et l'Art remportent la victoire sur la mort.

Contes italiens
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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 13:30
L'ombre des femmes

L'ombre des femmes est un bon film de Philippe Garrel qui continue l'exploration du couple dans la France contemporaine et décrit son milieu d'artistes désargentés.

Curieusement, l'homme entre deux femmes trouve normal de tromper sa femme mais ne supporte pas qu'elle le trompe lui. La femme qui se sacrifie pour un homme passablement égoïste. La photographie en noir et blanc de Renato Berta est belle et l'interprétation de Clotilde Coureau convaincante, le films reste cependant assez anecdotique.

L'ombre des femmes
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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 11:35
Trois souvenirs de ma jeunesse

Après un détour par les plaines américaines qui n'était pas très convaincant, Desplechin revient à son autobiographie fictive.Le film est un puzzle qui montre 4 épisodes de la vie de Paul Dedalus, l'alter ego de l'auteur, interprêté à l'age mûr par Mathieu Amalric dans Comment je me suis disputé.

Le premier épisode montre le conflit violent de Paul enfant avec sa mère et sa famille qui le marquera pour le reste de sa vie. Le second épisode décrit un curieux voyage en URSS où il offre son passeport et donc son identité à un jeune refuznik juif. Le troisième épisode-le plus important- raconte son histoire d'amour avec une jeune fille de 16 ans, Esther. Ils ont du mal à vivre leur passion parce que Paul vit à Paris et qu'Esther est restée à Roubaix. Le quatrième épisode est une conclusion tardive et énigmatique.

Proche de Truffaut par sa sensibilité, et de nombreux empreints à son cinéma :la musique de Delerue,les correspondances échangées, le télégramme intempestif, les fermetures de l'iris de la caméra, la dernière image figée, les dialogues très écrits, et enfin l'épilogue du film qui rappelle celui des Deux anglaises.

Les jeunes interprêtes,Quentin Dolmaire et Lou Roy Lecollinet sont a la hauteur de leurs personnages, il réussisent à incarner ce film très écrit qui aurait pu facilement manquer de vie. La distance temporelle, la fin des années 80 permet d'échapper à la banalité du temps présent.

Le montage du film fait de ruptures de ton et d'ellipses permet de rendre au présent ce qui se passe sur l'écran, magnifiant un cinéma à fleur de peau.Desplechin porte un regard rétrospecif sur sa vie amoureuse à plus de 30 ans de distance en laissant au passé sa part indéchiffrable.

Ce cinéma dénoncé comme nombriliste est en fait un cinéma d'analyse des sentiments,un cinéma profond même s'il semble superficiel qui met en jeu les tensions entre l'identité, l'amour, et la liberté.

Ce film de passion et de virtuosité montre que le cinéma d'émotion,un peu cérébral il est vrai, peut encore exister.

Trois souvenirs de ma jeunesse
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:46
Le labyrinthe du silence

Le labyrinthe du silence est un film dossier qui montre la préparation du premier procès qui s'est tenu en Allemagne en 1963 contre les anciens nazis. Il montre la lutte d'un jeune procureur de Francfort contre le mensonge et le déni qui règnent en Allemagne après la guerre au sujet d'Auschwitz.

Le film est instructif et efficace, très classique dans sa réalisation et par moment émouvant.

Le labyrinthe du silence
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:30
Taxi Téhéran

Jafar Panahi qui est interdit de réalisation en Iran réussit à nous embarquer dans son taxi collectif. Il prend des passagers et fait le portrait d'une ville où règnent les voleurs, les trafiquants,le machisme et la superstition. Il dénonce également la censure cinématographique

Ce film est très proche de Ten de Kiarostami qui se déroulait également dans une voiture. Le défilé des personnages dans le taxi, les dialogues presque socratiques permettent de faire le portrait d'une société sous contrôle.

Taxi Téhéran
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:18
Broadway therapy

Broadway therapy est une comédie Woody allenienne avec adultères et prostituées dans le milieu du théâtre de Broadway. Le film est plaisant grâce à une mécanique efficace et des acteurs et actrices qui font preuve d'un abattage certain. Il est énergique, bien plus que les derniers Woody Allen et ne se prend pas au sérieux. La référence à Lubitsch peut cependant faire regretter l'élégance de la comédie américaine des années 30-40.

Broadway therapy
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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 08:04
Le journal d'une femme de chambre

Encore une très belle réussite de Benoit Jacquot qui depuis quelques films réalise des oeuvres maîtrisées et vibrantes. Grace à Léa Seydoux, il brosse le portrait de la Belle Epoque qui vue du point de vue de la femme de chambre apparaît bien sinistre. Un monde où la frontière entre domesticité et prostitution n'existe pas ,où le harcèlement est la règle.On suit la femme de chambre souvent de dos, courant sous les ordres et les contre-ordres de la patronne. Les seconds rôles surtout les bourgeois mais aussi les domestiques sont aux limites de la caricature mais restent humains.Le film très bien photographié, caméra à l 'épaule. Il n'est pas figé dans l'académisme qui guette le film en costume. La musique de Bruno Coulais ajoute à l'émotion de cette femme qui court vers une liberté sans doute illusoire.Bien plus sensible que la femme de chambre de Bunuel, interprétée par une Jeanne Moreau insolente, forte qui ressemblait plus à une abstraction,à une déesse de la vengeance, celle de Léa Seydoux résiste plutôt intérieurement mais elle ne parvient pas à échapper à la domination d'une société machiste et antisémite qu'elle semble avoir inconsciemment intériorisée malgré sa lucidité et sa vaillance. C'est pourquoi elle choisit de partir avec le personnage interprêté par Vincent Lindon, fasciste et délinquant sexuel.

Le journal d'une femme de chambre
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:53
Inherent vice

Paul Thomas Anderson continue de démythifier l'Histoire américaine.Il adapte un roman de Thomas Pynchon qui lui permet de réaliser un polar vintage dont le décor est la Californie de 1970.

Période hippie,drogue et rock où un privé sous l'emprise plus ou moins permanente du cannabis et autres substances mêne une enquête ténue. La photographie est superbe, l'humour subtil mais le scénario manque de souffle.

Les béances du film The Master était compensées par le face en face entre Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phenix. Ici, Phenix est bien seul et les nombreux personnages qu'il rencontre ont bien du mal à exister à l'écran. La fidélité au livre est sans doute responsable du manque de nerf du film.

Inherent vice
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 07:25
Birdman

Inarritu est un surdoué du cinéma. Birdman est un film virtuose en unique plan-séquence qui montre les répétitions d'une pièce de thêatre d'après Carver à Broadway. Le spectacle est monté par un acteur has been d'Hollywood connu pour avoir joué 20 ans plus tôt dans une saga de super héros. Il lui reste quelques pouvoirs surnaturels inutiles et comme Gainsbourg coaché par Gainsbarre dans le film de Sfar, il est hanté par la créature qu'il a incarné.Il est en crise cherchant un sens à sa vie professionnelle et privée.

Le film montre la scène, les coulisses, les acteurs et les actrices, la femme , la fille, la maîtresse, Times Square captés par une caméra survoltée. On peut penser à Opening night de Cassavetes tourné de façon économe et tout à fait opposée.

Birdman est passionnant de virtuosité et d'originalité mais semble tomber dans le défaut qu'il dénonce: l'hystérie et la boursouflure des médiatisations d'aujourd'hui: réseaux sociaux, licences de super héros, perte généralisée des repères. C'est peut être aussi sa force.

Il faut bien sûr souligner la qualité supérieure de la distribution, tous les acteurs sont excellents, et un brin hystériques: le résultat est passionnant mais le film a une tonalité expérimentale qu'il ne transcende pas vraiment. La noirceur à la Robert Altman est difficile à maîtriser.

Birdman
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